Chronologie de l'expédition

Chronologie de l'expédition


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La campagne militaire d’Égypte, menée par le général Bonaparte en 1798, se prolongera jusqu’en 1801. Si elle aboutit peu à peu à un échec militaire conséquent, l’expédition se déroula d’abord sous de glorieux auspices, l’armée d’Orient volant de victoires en victoires. Laissez-vous donc bercer par sa passionnante chronologie…


Les préparations

« Il s’emparera de l’Égypte, chassera les Anglais de toutes les possessions de l’Orient où il pourra arriver, et notamment détruira tous leurs comptoirs sur la Mer Rouge. Il fera couper l’isthme de Suez, et prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la libre et exclusive possession de la mer Rouge à la République Française ». Tel est l'ordre de mission envoyé au général Napoléon Bonaparte, ce 5 mars 1798. Il organise son État-Major et choisit ses aides de camp : Berthier, Lannes, Davout, Murat, Marmont, ainsi que Kléber et Desaix, les généraux les plus populaires de l’armée du Rhin. L’encadrement est exceptionnel. Les soldats, quant à eux, peuvent être assimilés aux meilleurs guerriers du monde à l’époque ! Ils sont vétérans des guerres révolutionnaires, ils ont suivi Bonaparte en Italie, et sont par conséquent rompus à toutes les formes de combat.

Le port de ToulonCe sont 34 000 soldats, 10 000 marins, 170 canons, 330 navires de transports, 13 vaisseaux de ligne et 14 frégates qui sont réunis dans les ports de la Méditerranée. Un armement immense se prépare en outre à Toulon. Le bruit court qu’une guerre se prépare. Mais personne ne sait vraiment : l’arrêté promulgué par le Directoire est toujours secret. La destination reste inconnue au sein même de l’armée : seuls Bonaparte et quelques généraux la connaissent, mais ils ne la divulgueront que le plus tard possible, par mesure de prudence. Deux mois de préparation suffirent à la grande flotte de Toulon, commandée par l’amiral Brueys, pour appareiller en direction de l’Orient.

 

La traversée

MalteLe 19 mai 1798, la totalité des troupes engagées dans l’expédition quitte le port de Toulon. Elles sont accompagnées d’escadres marseillaises, génoises et bastiaises, assurant leur sécurité tout au long de la traversée méditerranéenne. Le 11 juin, la flotte française se trouve devant Malte, pion essentiel sur l’échiquier de la Méditerranée puisqu’elle permettrait de repousser les Anglais naviguant dans la région, et ainsi de gêner leur passage sur la route commerciale des Indes. Devant le refus de coopération du grand maître de l’ordre de Malte, Bonaparte est contraint de prendre l’île par la force : quelques coups de canon suffisent à faire tomber la redoutable forteresse de La Valette. Il assure ainsi ses communications ultérieures avec la métropole. Avant de quitter Malte, le général en chef fait libérer les captifs arabes et italiens de l’île. Non pas par humanité, mais par calcul politique : il faut, autant que possible, se rendre le monde arabe favorable. Bonaparte y laisse quelques deux milles hommes et reprend, non sans avoir renversé la domination de l’Ordre, réformé les institutions maltaises et promulgué quelques lois qu’il jugeait fondamentales, la direction de l’Égypte.

Le général en chef fait alors distribuer sur tous les bâtiments la déclaration suivante : « Soldats, vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables. […] Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans ; leur premier article de foi est celui-ci "Il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète“. Ne les contredisez pas ; agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs, avec les Italiens ; ayez des égards pour leurs muftis et leurs imans, comme vous en avez eus pour les rabbins et les évêques. Ayez pour les cérémonies que prescrit l’Alcoran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eue pour les couvents, pour les synagogues, pour la religion de Moïse et de Jésus-Christ. Les peuples chez lesquels nous allons traitent les femmes différemment que nous ; mais dans tous les pays, celui qui viole est un monstre. Le pillage n’enrichit qu’un petit nombre d’hommes ; il nous déshonore, il détruit nos ressources, il nous rend ennemis des peuples qu’il est de notre intérêt d’avoir pour amis. La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons à chaque pas des souvenirs dignes d’exciter l’émulation des Français ».                                                                               Bonaparte.


bateau-quittant-malte.jpgIl faut bien comprendre que la traversée de la Méditerranée était un réel coup de chance, un cadeau de la Providence. Imaginez le passage de 360 navires chargés de plus de 40 000 français, à travers la Méditerranée, au moment même où la marine anglaise y revenait en force. Le miracle de la traversée ne résulte que de la succession de « coups de chance » et de réussites fortuites ; et Bonaparte le savait bien, mais il avait, selon les historiens, une confiance aveugle en son destin…

 

Alexandrie

Treize jours après son départ de Malte, la flotte française arrive en vue d’Alexandrie. Pour éviter toute mauvaise surprise venant de la mer, décision est prise de débarquer immédiatement, en cette nuit du 1er au 2 juillet 1798. Le premier drapeau tricolore est planté en Afrique. À la tête de quelques 5 000 hommes, et sans attendre l’arrivée ni de l’artillerie ni de la cavalerie, Bonaparte décide de marcher de nuit sur Alexandrie. La tentative de pourparlers français étant accueillie par une fusillade, le général ordonne immédiatement l’assaut : l’ennemi cède et fuit.

alexandrie.jpgMaître de la ville, le vainqueur adresse dès le 1er juillet une proclamation aux habitants musulmans d’Alexandrie. Il leur assure son intention de les libérer de l’oppression arabe, de respecter leur personne et leur religion, et les met immédiatement en garde des conséquences d’une quelconque opposition à ses décisions. Il veut être accueilli en libérateur, juste mais fort. Le général décide en outre de marcher au plus vite sur Le Caire, afin d’effrayer les chefs ennemis et de les surprendre, avant qu’ils n’aient pris toutes leurs mesures de défense. Ordre est également donné de conduire la flotte à l’abri, dans le mouillage d’Aboukir, afin d’éviter le risque d’un combat naval avec les Anglais. Une garnison de 2 000 hommes, sous les ordres de Kléber, est laissée sur place, tandis que Bonaparte  quitte Alexandrie le 12 juillet.

 

Aux portes du Caire

Bataille des PyramidesNeuf jours de marche plus tard, sous une chaleur accablante, après plusieurs combats contre les forces présentes, les soldats français, épuisés, arrivent enfin en vue des pyramides. Seulement, Mourad Bey, chef mamelouk, les y attend avec toutes ses forces réunies. Bonaparte range ses troupes en bataille et, leur montrant les fameuses pyramides à l’arrière de l’ennemi, leur dit cette phrase restée célèbre : « Songez que du haut de ces monuments, quarante siècles vous contemplent ». Et en même temps, il ordonne l’attaque : c’est le début de la bataille des Pyramides.

Nous sommes le 21 juillet 1798, le jour se lève à peine. Bonaparte dispose de 20 000 hommes, qu’il fait former en carrés, tandis que Mourad Bey avance 10 000 cavaliers mamelouks, plus de 30 000 janissaires (unités d’infanterie) et une cinquantaine de canons. La formation en carrée décidée par Bonaparte est en fait héritée des légions romaines, mais elle reste une innovation spectaculaire pour l’époque, et c’est là que réside tout le génie militaire de Bonaparte : les nombreuses charges de cavaleries mameloukes, malgré leur férocité et leur nombre, s’écrasent littéralement sur les carrés français, qui déclenchent sur eux un déluge de feu. La discipline des carrés français semble l'emporter sur les efforts désordonnés des mamelouks.

Les français prennent 40 pièces d'artillerie, 400 chameaux, des vivres et des richesses de toutes sortes. Bonaparte n'aura perdu qu'une trentaine d'hommes alors que 20 000 mamelouks ne sortiront pas vivants des combats, les autres s’étant enfuis en traversant le Nil à la nage. La bataille ouvre la route du Caire aux français, qui y entrent le 24 juillet. Bonaparte y transfère immédiatement son quartier général et s’y comporte en souverain absolu.


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Conclusion

Il n’aura fallu que deux mois à l’armée d’Orient et à son jeune général pour se rendre maître du Caire. Les mamelouks, vaincus, sont dispersés et leur chef Mourad est chassé d’Égypte. Les affaires vont donc pour le mieux, et Bonaparte, en maître absolu, peut désormais se tourner vers les sciences. Mais la chance tourne vite…

 


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